jeudi 19 octobre 2017

(Notre) Disparition



Selon une étude, publiée dans la revue Plos One, et menée par un groupe de chercheurs réunis sous la bannière de l'Entomological Society Krefeld, la masse totale des insectes volants a diminué de plus de 75% en près de trente ans en Allemagne.

Menée entre 1989 et 2016, dans 96 lieu situés dans des zones dites "protégées" d'Allemagne, l'étude  montre  un  déclin  saisonnier de   76 % des insectes volants ; déclin augmentant jusqu'à 82 % lors des périodes estivales. Cette hécatombe, qui a été observée quels que soient les changements météorologiques, l'utilisation des sols ou les caractéristiques de l'habitat, serait probablement due à l'usage des pesticides dans les propriétés agricoles situées aux alentours de ces lieux.

Rappelons aux adorateurs du « progrès » que 80% de nos plantes sauvages dépendent de la pollinisation des insectes volants et que 60% des oiseaux vivent grâce à cette source de nourriture. Si ceux-ci disparaissent, nous disparaîtrons avec eux. Voilà une nouvelle preuve, s'il en fallait une, que nous avançons à grands pas vers l'abîme de notre disparition. Au regard de notre présent, nous sommes déjà certains que celle-ci ne pourra être que longue et douloureuse.


mercredi 18 octobre 2017

Hildur Guðnadóttir




Une amie musicienne nous a chaudement recommandé le travail de cette violoncelliste islandaise. Le morceau, ici livré, se nomme Elevation.

vendredi 29 septembre 2017

(Je ne suis pas) Un numéro ?


Il y a de fortes chances que cette phrase, picorée sur le site Nouvelles de sous mon front, convienne à cette nouvelle production cinématographique. Celles et ceux qui iront la voir nous le confirmeront.

Les gens disent parfois qu’on pourra estimer que le féminisme a triomphé quand la moitié des PDG seront des femmes. Il ne s’agit pas de féminisme, pour reprendre Catharine MacKinnon, il s’agit du libéralisme appliqué aux femmes. Le féminisme aura triomphé non pas lorsqu’autant de femmes que d’hommes tireront profit d’une organisation sociale oppressive, qui se nourrit de la sueur de nos sœurs, mais lorsque toutes les hiérarchies de domination, y compris économiques, seront démantelées.

Lierre Keith


jeudi 28 septembre 2017

jeudi 7 septembre 2017

Les chimpanzés du futur


Frères humains, sœurs humaines, vous avez entendu parler du transhumanisme et des transhumanistes ; d'une mystérieuse menace, groupe fanatique, société de savants et d'industriels dont l'activisme impérieux et l'objectif affiché consistent à liquider l'espèce humaine pour lui substituer l'espèce supérieure, «augmentée», des hommes-machines. Une espèce résultant de l'automachination par ingénierie génétique et hybridation électro-mécanique.

Vous avez entendu l'ultimatum cynique et provocant de ce chercheur en cybernétique : « Il y aura des gens implantés, hybridés, et ceux-ci domineront le monde. Les autres qui ne le seront pas, ne seront pas plus utiles que nos vaches actuelles au pré.» Et encore, «ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s'améliorer auront un sérieux handicap. Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur.»

Nous sommes les chimpanzés du futur et nous vous appelons à la résistance contre ce néo-nazisme surgi des laboratoires.

Les animaux politiques qui écrivent à l'enseigne de Pièces et main d'oeuvre combattent le transhumanisme depuis une quinzaine d'années. Ils ont déjà publié nombre de livres sur des sujets voisins, Terreur et Possession, Aujourd’hui le Nanomonde, L'Industrie de la contrainte, etc.

Pour commander Le Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme (14 x 20 cm - 348 pages), envoyez un chèque de 20 € (port compris), à l'ordre de :

Service compris
BP. 27
38 172 Seyssinet - Pariset cedex

mardi 5 septembre 2017

L'enfant, dit-elle...




Ce samedi matin de janvier, ma mère m’attend à la sortie de l’école. Comme les autres jours, nous remontons la rue des Boulangers mais, au lieu de nous arrêter au carrefour, nous prenons à gauche dans la rue Monge. Je me retourne et aperçois un camion de déménagement garé en bas de notre immeuble. Ma mère serre ma main dans la sienne. Je n’ai pas envie de parler, je pense au camion, aux cartons, au salon qui demain sera à moitié vide. Je pense à mon père. Désormais, j’irai chez lui tous les mercredis soir et un week-end sur deux. Ma mère s’est organisée pour que je passe l’après-midi et la nuit chez une amie. Avant de partir, elle me dit Profite bien de ta journée, amuse-toi, essaye de penser à autre chose. Je hoche la tête mais je sais que jamais plus je ne penserai à autre chose. 

Sophie Lemp, Leur séparation

 

vendredi 1 septembre 2017

Une lettre de Nicolas



C’est ainsi que, plongé dans cette vulgaire existence, je tâche d’empêcher mon cerveau de se moisir, je donne ainsi carrière à la malignité de la fortune qui me poursuit ; je suis satisfait qu’elle ait pris ce moyen de me fouler aux pieds, et je veux voir si elle n’aura pas honte de me traiter toujours de la sorte. Le soir venu, je retourne chez moi, et j’entre dans mon cabinet, je me dépouille, sur la porte, de ces habits de paysan, couverts de poussière et de boue, je me revêts d’habits de cour, ou de mon costume, et, habillé décemment, je pénètre dans le sanctuaire antique des grands hommes de l’antiquité ; reçu par eux avec bonté et bienveillance, je me repais de cette nourriture qui seule est faite pour moi, et pour laquelle je suis né. Je ne crains pas de m’entretenir avec eux, et de leur demander compte de leurs actions. Ils me répondent avec bonté ; et pendant quatre heures j’échappe à tout ennui, j’oublie tous mes chagrins, je ne crains plus la pauvreté, et la mort ne saurait m’épouvanter ; je me transporte en eux tout entier. 

Nicolas Machiavel, lettre à Francesco Vettori